Aujourd'hui à la fac Segalen (Brest), une nouvelle causerie de votre serviteur

 

Le thème sera Traduire Platon : quand la traduction dessert la pensée et l'intervention s'inscrira dans le cadre de l'atelier Traduire aujourd'hui les lettres de Saint Jérôme dont le programme est disponible en cliquant sur ce lien. Cette circonstance me donne un prétexte pour vous présenter mon 

CATALOGUE DE CONFERENCES

Sur la philosophie : 

Albert Camus et l’Antiquité romaine : une relation ambiguë

Il est attesté qu’Albert Camus fut un piètre nataliste et ses Carnets trahissent un très net parti pris anti-romain : tout porte à croire qu’il détestait la culture latine et lui préférait la culture grecque dont il affirme avoir tiré l’un des pivots de son œuvre, à savoir la « pensée de Midi », que Camus envsage comme un remède envisageable pour les maux de l’humanité ayant provoqué les catastrophes dont la première moitié du XXe siècle fut jalonnée. Pourtant, son œuvre littéraire est clairement imprégnée de références latines, notamment dans Caligula, La Peste et La Chute : s’il n’aimait pas l’Antiquité romaine, il ne pouvait pourtant s’empêcher d’y référer. Faut-il nécessairement y voir une contradiction de la part de Camus ? Et comment expliquer son rejet revendiqué de l’héritage roman ? 

Conférence prononcée pour la première fois en 2014 à la faculté Victor Segalen, Brest

Sabine Lefevbre - La légion à travers le monde.jpg

 

Traduire Platon : quand la traduction dessert la pensée

Les traductions des dialogues de Platon éditées dans la collection Guillaume Budé sont parfois considérées comme dignes de faire autorité ; en fait, les traducteurs de cette collection ont souvent été plus soucieux d'élégance littéraire que d'exactitude philologique, de sorte que même sans nécessairement "trahir" le sens de ce qu'ils ont traduit, ils n'en sont pas moins passés à côté de certains aspects, parfois essentiels, de la pensée de Platon, favorisant ainsi au sein du public une compréhension galvaudée et inexacte de cette dernière. Le chercheur qui souhaite étudier la philosophie platonicienne aura donc tout intérêt, pour peu qu'il sache lire le grec ancien, à se reporter au texte original et à le retraduire par lui-même sans trop se soucier d'élégance littéraire, la réalité n'étant pas faite que de beauté.

Conférence prononcée pour la première fois en 2017 à la faculté Victor Segalen, Brest

Alain Rey - Langues.jpg

Petites leçons platoniciennes

Les grands succès sont souvent fondés sur des malentendus : Platon n’a pas échappé à la règle et un certain nombre d’idées erronées sur sa pensée connaissent encore aujourd’hui une certaine fortune. Par exemple, on n’a pas manqué de souligner une contradiction entre son rejet de l’écriture dans le Phèdre et l’abondance de son œuvre écrit : c’est oublier que Platon n’écrivait jamais deux fois le même dialogue et que ce rejet de l’écriture, qui devait plutôt être le fait de son maître Socrate, ne devait sans doute pas être généralisé. On a aussi tendance à rejeter comme « mythique » sa fameuse théorie de la réminiscence qui, si on l’étudie attentivement, est pourtant révélatrice d’une conception de l’enseignement novatrice pour l’époque et tout à fait d’actualité de nos jours. Platon avait-il donc vingt-cinq siècles d’avance ?

Conférence basée sur des communications prononcées entre 2012 et 2017 à la faculté Victor Segalen (Brest) et à la Maison des Sciences de l’Homme Alpes (Grenoble)

 

Sur la bande dessinée : 

Tintin au Congo : une caricature doublement désancrée

La seconde aventure de Tintin peut encore être comptée parmi les œuvres de jeunesse d’Hergé, ce qui peut suffire à expliquer le caractère très (trop) caricatural de la peinture dont l’Afrique des années 1930 fait l’objet dans cet album. Cette caricature pâtit d’un double désancrage, à la fois historique et géographique, aux conséquences parfois surprenantes : d’un point de vue historique, il est clair qu’Hergé, en 1930, ne pouvait pas anticiper la décolonisation ni même imaginer qu’on lirait encore ses albums près d’un siècle plus tard, ce qui explique que Tintin au Congo soit à ce point lié à un contexte géopolitique aujourd’hui révolu. D’un point de vue géographique, il est surprenant et révélateur de constater que la caricature qui est faite des Congolais dans cet album est beaucoup mieux acceptée au Congo qu’en Europe…

Conférence prononcée pour la première fois en 2016 à la faculté Victor Segalen, Brest

 

Hergé, humaniste du XXe siècle ?

Edgar P. Jacobs, le créateur de Blake et Mortimer, s’est vu décerner par Claude Le Gallo le titre envié « d’humaniste du XXe siècle », notamment pour sa dénonciation dans son œuvre des risques auxquels s’expose l’humanité en n’opposant aucune limite éthique aux progrès techniques et scientifiques. On pourrait hésiter à attribuer le même titre à Hergé, dont Jacobs fut l’assistant, étant donné les égarements idéologiques qu’on n’a pas manqué de reprocher au créateur de Tintin : pourtant, outre le fait qu’il se soit lui aussi fait l’écho, dans L’affaire Tournesol, des questions éthiques que devait se poser le monde scientifique à l’heure de la bombe atomique, une lecture attentive de trois diptyques importants dans son œuvre (Le rayon du mystère, Le secret de la Licorne et Le temple du Soleil) atteste qu’Hergé n’était pas un nazi ni même un fasciste convaincu.

Conférence en trois parties, basée sur des communications prononcées en 2017 au Chapiteau d’hiver du Relecq-Kerhuon, à la faculté Victor Segalen (Brest) et au Pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias (Quimper)

 

Deux variations humoristiques de la figure d’Êve : Gai-Luron en slip de Gotlib et La Bible selon le Chat de Geluck

Marcel Gotlib et Philippe Geluck ne peuvent être confondus : l’un est français d’origine hongroise, l’autre est belge, l’un est issu d’une famille juive et a passé son enfance à fuir l’antisémitisme, l’autre est issu d’une famille athée et communiste au sein de laquelle il affirme avoir passé une enfance merveilleuse. Pourtant, ces deux humoristes, mécréants notoires, surtout connus en tant que dessinateurs mais qui sont surtout des écrivains de premier ordre, sont tombés d’accord pour tourner en dérision le récit de la Chute originelle et à représenter Êve, la première femme, comme une créature innocente victime d’un Dieu injuste et cruel. Ils obtiennent cependant le même résultat par des moyens assez différents, l’un s’appuyant sur sa connaissance du texte biblique, l’autre prenant surtout un malin plaisir à mettre littéralement à mort un texte qu’il semble ne connaître que de façon galvaudée.

Conférence en deux parties[1] prononcée pour la première fois en 2017 à la faculté Victor Segalen, Brest

 

Sur l’image satirique :

Charlie Hebdo ou l’envers du bonheur des années Pompidou

Le mandat avorté de Georges Pompidou est souvent associé à une certaine idée de la France heureuse : celui qui fut le deuxième président de la Ve République n’avait cependant pas la prétention de faire le bonheur de ses concitoyens, considérant le bonheur comme une question personnelle où l’État n’avait pas à intervenir. En relisant ses écrits et discours, on peut cependant voir qu’il considérait comme autant de conditions de possibilité du bonheur trois choses qui relevaient de la responsabilité de l’État, à savoir la paix, le progrès social et la prospérité. Il est intéressant de confronter cette conception pompidolienne du bonheur avec son traitement dans un hebdomadaire satirique qui eut une histoire commune avec le successeur du général De Gaulle : Charlie Hebdo… 

Conférence prononcée pour la première fois en 2016 au centre Georges Pompidou, Paris

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Bernard Esambert, présidente de l'institut Georges Pompidou.

 

Les malentendus entre un caricaturiste et son public à l’heure des réseaux sociaux : un saltimbanque de l’image témoigne

C’est en tant que dessinateur que parle ici l’orateur : jadis, quand paraissait dans la presse un dessin satirique qui semblait insupportable à quelqu’un pour une raison x ou y, le dessinateur n’était même pas au courant de cette réaction épidermique. L’arrivée d’Internet, et notamment des réseaux sociaux, a radicalement changé la donne : le public a désormais la possibilité de commenter un dessin à la seconde même où il le découvre, ce qui instaure une relation d’immédiateté entre le caricaturiste et son public, relation qui ne va pas sans certaines incompréhensions. Mais si certains malentendus trahissent les partis pris idéologiques d’une frange du public, d’autres peuvent indiquer que le dessinateur n’a pas exprimé assez clairement son point de vue et doit donc se remettre en question.

Conférence prononcée pour la première fois en 2017 à la faculté Victor Segalen, Brest

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Sur l’histoire :  

Les mystères de Brest

Qui a dit qu’il ne restait rien de Brest ? Accordons à Jacques Prévert le bénéfice de la licence poétique : non seulement il en reste plus de choses qu’on ne le croit mais, de surcroît, la cité du Ponant est encore loin d’avoir livré tous ses secrets. En fouillant dans les annales de la ville, on découvre, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours, un certain nombre de questions irrésolues qui ne manqueront pas de donner du carburant aux esprits imaginatifs…

 Conférence basée sur des articles parus entre 2015 et 2017 dans Côté Brest

Bastien Simmier - Archéologie en Bretagne.jpg

 

Conférences décalées :

Peut-on rire de rien ?

Conférence humoristique traitant de façon décalée des religions, de Brigitte Bardot, du militantisme, du père Noël, de l’Antiquité romaine et de la vie au collège.

Conférence en six parties prononcée pour la première fois en 2016 au Chapiteau d’hiver du Relecq-Kerhuon

Jean-Noël Allard 05 - Orateurs bouffons.jpg



[1] Quand une conférence est en plusieurs parties, cela signifie qu’il est envisageable de l’interrompre à la fin d’une des parties pour faire une pause et permettre les premiers échanges avec l’assistance.

 

Voilà, n'hésitez pas à me contacter si l'une ou l'autre de ces conférences vous intéresse ! A bientôt, j'espère.

 



17/11/2017
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