50 ans de mai 68 : non, tous les étudiants n'étaient pas des fils de bourgeois

 

 

A Brest par exemple : l'Université de Bretagne Occidentale n’existait pas encore mais la vie étudiante s’enracinait : pour faire face à un nombre d’étudiants sans cesse grandissant, les facultés rennaises avaient ouvert des collèges universitaires à Brest, celui de sciences (CSU) en 1959 et celui de lettres (CLU) en 1960. L’école d’ingénieur avait fait son apparition en 1961, celle de commerce en 1962, celle de médecine en 1966, l’institut de droit en 1967 (qui accueillit aussitôt 404 étudiants pour 250 prévus !) et un premier département d’IUT en 1968. Les graines de l’UBO étaient donc semées et germaient déjà : de 1960 à 1968, les CSU et CLU de Brest passèrent de 554 à 3354 étudiants.

Il est à noter qu'en 1966, 80 % des étudiants brestois étaient boursiers, 42 % étaient issus de familles d’agriculteurs, d’ouvriers et d’employés contre un quart seulement au niveau national. Ce n'étaient pas non plus des privilégiés : leurs lieux de formation manquaient d’enseignants, le CSU ne pouvait préparer à la maîtrise de sciences naturelles, il n’y avait pas de cours de philosophie ni de préparation au CAPES. Et surtout, la tutelle de Rennes était pesante : les professeurs, qui enseignaient aussi bien à Brest qu’à Rennes, étaient régulièrement absents et l’université rennaise monopolisait les crédits. Autant dire que quand les étudiants brestois battront le pavé deux ans plus tard, on ne pourra pas les traiter de "fils de bourgeois qui faisaient la révolution" comme disait Reiser à propos des étudiants parisiens.

 

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06/05/2018
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