Bravo, Emmanuel !

 

 

Le 23 mars dernier, à l'issue de quatre ans de travail acherné, Emmanuel Alain Kobela soutenait sa thèse de doctorat à l'Université de Brest sur le thème  : "L'impact des projets de développement sur la qualité de vie des femmes : l'exemple du Prodalka au Tchad". Pour mémoire, redécouvrez l'interview qu'il m'avait accordée il y a quatre ans, quand j'étais encore rédacteur du blog de l'université :

 

On a souvent tort de sous-estimer le rayonnement que peut connaître une faculté de province, d’autant qu’une structure à taille humaine comme l’université brestoise a souvent des avantages qui peuvent attirer des étudiants étrangers, comme le prouve le doctorant camerounais Emmanuel Kobela qui prépare une thèse sous la direction d’Arlette Gauthier à la faculté Victor Segalen et que nous avons interrogé récemment.

Quel est ton sujet de recherche ?

L’impact des projets de développement sur la qualité de vie des femmes en prenant l’exemple d’un programme de développement qui a eu lieu au Tchad.

Pourquoi au Tchad en particulier ?

D’abord parce que c’était un programme qui avait été considéré comme un programme-pilote de la coopération allemande, avec suffisamment de fonds, mais surtout parce que j’ai moi-même travaillé sur ce projet-là et que ces problématiques me sont donc assez familières. Alors j’ai pensé que c’était une bonne chose d’approfondir ce que je connaissais de la région.

Tu n’as pas de financement particulier pour tes travaux ?

Disons que je ne suis pas boursier parce que, quand j’étais sur le terrain, j’avais déjà mis de côté un certain budget pour commencer cette recherche. Pour le moment, ça fonctionne sans trop de casse.

Tu as encore besoin d’aller sur le terrain ?

J’y suis retourné il y a trois mois ; j’ai quand même bénéficié de la bourse de mobilité sortante qui a été d’un précieux secours car, quand on sait que le Tchad est un des trois pays africains où le coût de la vie est le plus élevé dans cette zone-là, on imagine aisément que, quand on entreprend ce genre d’activité, il y a un coût financier assez important.

Quelle est ta problématique ?

Je pars du principe que les projets de développement ne sont pas adressés prioritairement aux femmes : par exemple, un projet de développement a été basé sur une quinzaine d’années et c’est seulement durant les trois dernières années d’existence de ce programme qu’on a pensé à faire quelque chose qui soit spécifique aux femmes ; or, quand on sait ce qui se passe dans ces pays où les femmes travaillent beaucoup dans l’informel et que c’est l’informel qui soutient pas mal de familles, il est tout de même étonnant que des projets de développements financés par les grandes agences européennes n’aient pas mis un accent sur la problématique spécifique aux femmes.

C’est par choix que tu travailles à l’université de Brest ?

Disons que lorsque j’ai pensé à aborder ces questions, j’avais la possibilité de travailler en France ou en Allemagne (j’ai un master en politique du développement dans une université allemande) mais j’étais resté onze ans sur le terrain et faire un cursus de ce genre en Allemagne m’aurait demandé trois mois pour perfectionner mon allemand et je ne voulais pas perdre de temps, donc j’ai préféré venir là où on parle ma langue maternelle. Pourquoi Brest en particulier ? Parce que quand j’ai envoyé les demandes pour m’inscrire en école doctorale, j’ai reçu trois réponses : une première réponse venait de Lyon, mais j’aurais dû déposer mon projet de recherche dans les cinq jours qui suivaient, c’était trop juste, alors que Brest me laissait la possibilité de le faire dans les trois semaines, ce qui me laissait beaucoup plus de temps. J’avais aussi eu une réponse de sciences-po Paris qui me demandait d’envoyer toute ma documentation trois mois après pour commencer l’année suivante…

Propos recueillis le 17 juin 2013 par BENOÎT QUINQUIS

 

 

 


 

 

A présent qu'Emmanuel va regagner son Cameroun, il va sans dire que je lui réitère mes félicitations en mon nom propre et au nom de tous les collègues de la faculté Victor Segalen dont il était devenu un habitué. Reviens quand tu veux, Manu !

 

 



25/03/2017
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