Zola, reviens, ils sont devenus.... Pardon, ils sont RESTÉS fous !

 

 

Cet été, en lisant les écrits d'Emile Zola pendant l'affaire Dreyfus, je me suis fait la remarque suivante : on parle encore beaucoup de l'exil de Victor Hugo sous le second Empire, beaucoup moins de l'exil de Zola pendant l'affaire Dreyfus... Pourquoi, d'après vous ? Parce que cet exil fut beaucoup moins long que celui du bon père Hugo ? Ce serait trop simple... A mon avis, la différence tient à l'ennemi contre lequel chacun de ces écrivains s'est dressé : Hugo s'était dressé contre Napoléon III qui est aujourd'hui un personnage honni, tandis que Zola s'était dressé contre le sabre et le goupillon, autrement dit contre l'armée et l'Eglise, donc contre deux institutions que le bon peuple de France s'obstine à respecter et à craindre : quand on voit les Françaouis réclamer toujours plus de répression et de surveillance, quand on voit l'armée enregistrer un pic de recrutements après les attentats de Charlie Hebdo (45 ans de combat antimilitariste pour en arriver là !), et quand on voit un raz-de-marée bondieusard s'abattre sur le pays après l'assassinat d'un ratichon, on se dit que la France qui a envoyé le capitaine Dreyfus sur l'île du Diable puis Léon Blum à Buchenwald est toujours là et bien là ! Elle a beau ne plus être antisémite, elle n'en reste pas moins "lourde, boueuse, titubante d'un bobard à l'autre, hâblarde toujours, trafiqueuse, malveillante, agressive entre deux paniques" pour reprendre les mots de Louis-Ferdinand Céline.

 

 

 

 



03/10/2016
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