C'est demain que ça se passe : Tac au Tac 29 spécial égalité au Maquis (12 rue Victor Eusen, Brest)

 

 

Je vous rappelle le principe : quatre dessinateurs improvisent une fresque à huit mains sur une grande surface blanche et sous l'oeil des caméras.

C'est ouvert à tous, amateurs ou professionnels, alors n'hésitez pas, nous vous attendons demain, samedi 11 mars, à partir de 14h30 !

En attendant, jetez donc un oeil sur la dernière séance, filmée en décembre dernier : 

 

 

 

 

Au passage, rendons hommage à certains artistes ayant pris par à ce projet comme la sémillante Elena Tikhomirova :

 

 

02-27-Elena Tikhomirova.jpg

Ça commence en douceur. Quand vous pénétrez dans son univers, vous vous laissez transporter par ses ambiances orientalisantes et notamment par ses charmantes geishas : d’autres qu’elle, puisant dans ce répertoire iconographique asiatique, auraient vite pris le risque d’en faire trop et de se laisser aller à une surcharge de motifs exotiques, à l’image de certains pièges à touristes dont les boutiques de souvenirs sont remplies. Mais pas elle : connaissant les vertus de la retenue, consciente du fait qu’un artiste doit savoir s’arrêter quand il le faut, elle se tient à l’écart des fausses audaces et des putasseries. Ses trois geishas ayant manifestement bénéficié de l’enseignement de Confucius et prenant les poses habituellement attribuées aux « singes de la sagesse », rendant ainsi aux humains ce qui n’appartient pas aux pongidés, sont révélatrices : sa peinture nous renvoie à un état primal (ce qui ne veut pas dire primaire) de l’art.

« Primal ». Tel est peut-être le maître-mot pour qualifier son art une fois que l’on a dépassé l’antichambre orientalisante pour découvrir plus en détail le monde d’une créatrice qui ne se laisse pas enfermer dans un style : ses œuvres telles que « La théorie du Chaos » ou « Le portail » nous mettent la puce à l’oreille, tant il est vrai que rares sont encore les peintres qui osent sortir la toile de l’inertie dans laquelle la maintient le statut de support pour l’envisager en tant qu’objet à part entière, mais ce n’est encore qu’une mise en bouche en attendant le grand choc de « La création », de « La nova » et de « L’accélérateur de particules » qui nous procurent un éblouissement semblable à celui de l’enfant qui vient au monde. Le phénomène est d’autant plus fascinant que, de son propre aveu, elle commence rarement une toile en ayant une idée bien précise et préfère se laisser guider par son inspiration et ses caprices éventuels, une spontanéité qui est peut-être la clé de son retour aux sources primales de la création voire de la perception, véritable bain de jouvence pour le regard – si « La création » peut évoquer celle de l’Univers, il est également envisageable d’y voir la transposition sur toile de ce qui se produit dans l’esprit quand l’idée y prend forme.

Sa peinture n’est pas l’art sans estomac que l’on se représente trop souvent quand on évoque l’art contemporain : son art est un jaillissement, l’expression d’une intériorité très riche. Ses tableaux sont autant de manifestation d’une profonde honnêteté qui la tient à l’écart des sentiers battus : pour le « lac des cygnes », là où l’on s’attendrait à une exaltation topique de la sérénité, elle nous offre une image si vivante que l’on croit sentir sur le visage les gouttes d’eau que projette le volatile secouant ses ailes ; son « tunnel » est si bien rendu, aussi bien du point de vue de l’ambiance que de la perspective, que l’on croit pouvoir pénétrer dans ce souterrain, cette cathédrale profane emplie du souvenir des mains qui l’ont creusée et en respirer l’atmosphère humide et renfermée tout en s’avançant vers quelque fabuleuse découverte…

Pour résumer, si l’on doit mesurer le talent d’un(e) artiste à sa capacité à surprendre le public et à l’entraîner avec lui vers des territoires iconographiques inconnus, autant dire que nous n’avons pas affaire à la première venue. Vous n’imaginez pas quel monde extraordinaire peut habiter l’esprit de cette charmante personne… Bravo, Elena ! 

(ce texte a été écrit par votre serviteur à la demande d'Elena)

 

 

Autre participant tout aussi talentueux,  Matthieu Bastien :

 

 

01-09-Matthieu Bastien.jpg

 

 

A ce jour, Matthieu n'a encore participé qu'à une seule séance, celle-ci :

 

 

 

 

N'oublions pas, enfin, le formidable  Charles Kerivel :

 

 

Charles Kerivel.jpg

 

 

Revoici une séance à laquelle l'auteur des Penn-Sardinn' a participé :

 

 

 

 

Ce Tac au Tac est organisé dans le cadre de La Rive droite fait son 8 mars : cet événementiel vous réserve bien d'autres surprises pour ce samedi 11 mars, les voici :

 

Au stade Raymond Chapel (rue de Kerarbleis) :

10h30-13h00 : "Le sport donne des "Elles" " Jijitsu, taiso, zumba : renseignements au 02 98 44 49 63 (ASPTT Brest)

 

 

Nasrin Fakhri - Droit à la grossesse.jpgCe dessin fait allusion à une boutade que s'était permise Jean-Claude Gardes, professeur émérite de littérature allemande, sur la difficulté à conjuguer les devoirs de doctorante avec ceux de mère de famille.

 

A Salut les bobines :

14h00-17h00 : "Vive le homme made" : inscription au 06 16 39 15 85

 

 

Marie-Laure Déroff 02 - Condition féminine.jpg

 

Au Maquis (en parallèle au Tac au Tac) :

14h00-14h30 : Performance filmée "Le féminin, la matière et le temps" avec Renata, plasticienne

14h30-18h00 : Atelier tapissier "Des fauteuils unique montés sur pieds d'égalité" avec Elodie, tapissière, Eric et Julien, illustrateurs.

14h30-18h00 : Projet web radio "Egalité, elle en pense quoi la rue" avec les enfants de l'école Paul Eluard et les jeunes du Patronage Laïque de Recouvrance

 

 

02-27-Tex Avery-Le loup et la girl devenus vieux.jpg

La performance de Renata traitera de la dictature de l'apparence, du maquillage de l'être et de la lutte contre le temps ; puisqu'on en parle, essayez d'imaginer ce que Miss Red dit au loup, maintenant qu'ils ont tous les deux pris un certain coup de vieux - c'est que le dessin animé de Tex Avery qui les a rendus célèbres date de 1943, ma bonne dame ! Laissez vos propositions en commentaires, les plus intéressantes seront peut-être récompensées.

 

A la salle Odyssée (MPT Saint-Pierre) :

20h30 : "T'as pas vu ? Chronique du parler brestois" de Pierre Péron par la compagnie N'Ouzon Ket

 

 

Lycée Saint François 03 - Mars et Vénus.jpg
Ce que je fais dire ici à la sublime Isabelle Alonso (pour qui j'ai énormément de respect) et à Karo le hérisson est parfaitement authentique : vérifiez la signification de ces célèbres signes et vous verrez !

Je vous quitte en vous disant "à demain" et en vous laissant avec ce petit texte par lequel j'explique mon implication dans cet événementiel célébrant les droits des femmes :

 

« Arrête de pleurer comme une fille ! » « Les filles sont plus intelligentes que les garçons ! ». J’ai souffert d’entendre ces phrases : je me croyais anormal parce que, malgré mes efforts, j’étais incapable de m’empêcher de pleurer quand j’étais malheureux (ce qui arrive fréquemment quand on est victime du harcèlement scolaire) et encore moins d’avoir de moins bonnes notes que la fille la plus intelligente que la classe. D’un autre côté, être assimilé à une fille ne me gênait pas outre mesure : d’après mes « camarades » et, je dois bien le dire, quelques adultes, être un garçon, c’était « jouer au foot ou à la guerre, à celui qui pisse le plus loin ». Très peu pour moi, merci. De toute façon, je préférais dessiner. Rien de bien original : tous les petits enfants dessinent, les filles comme les garçons. Mais la donne change quand vient l’aube de l’âge ingrat : en général, les garçons se mettent à taper dans un ballon et à draguer la minette. Ma peur des ballons et ma timidité maladive m’ont préservé de ce tournant : j’ai donc continué à dessiner frénétiquement, tant et si bien qu’aujourd’hui, je suis rarement plus heureux que quand je suis assis à mon bureau de dessin. Je ne vais pas dire que j’en suis fier car je n’ai pas eu à me faire violence pour en arriver là. C’est comme ça, c’est tout.

Aussi, organiser aujourd’hui un événement qui met le dessin en valeur dans le cadre d’une manifestation destinée à promouvoir l’égalité entre les sexes, c’est la continuation logique de mon parcours : le parcours d’un garçon « anormal » au sens où il n’a jamais voulu rentrer dans le moule qu’on a essayé de lui inculquer parce qu’il trouvait le dessin plus intéressant que les « jeux de garçons » et qu’il pressentait déjà vaguement qu’il était absurde de prétendre que l’appartenance à un genre entraîne forcément un type de comportement. Oui, je suis sensible et je n’ai pas honte de pleurer. Oui, j’ai été un élève brillant. Et ces deux caractéristiques font partie de ce que je suis au même titre que ma passion pour le dessin. Et je n’en suis pas moins un homme pour autant. Quiconque oserait me dire le contraire serait aussi sexiste que je le serais si je m’aventurais à prétendre que le dessin, en tant qu’art, est réservé aux hommes : ce ne serait pas seulement méchant, ce serait aussi absurde. Tout préjugé est un attentat contre le bon sens élémentaire.

 

 

 



10/03/2017
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