Le bestiaire politique : l'âne

 

 

Avec son grand museau, ses grandes oreilles et son "sourire" qui rappelle Fernandel malade, l'âne prête à rire et son nom est immédiatement associé à la bêtise et au ridicule. Sa réputation d'entêtement irréductible n'a pas été volée : il refuse obstinément de bouger et de voir la réalité en face. De ce fait, il semble perpétuellement venu d'un autre temps, éternellement inadapté au monde qui l'entoure. Même dans nos campagnes, il est devenu obsolète et on n'en veut même plus pour tirer la charrue. De toutes façons, cette créature se donne l'air d'être un animal domestique, capable de vivre dans la compagnie des hommes, mais c'est une façade : trop fier - on se demande de quoi ? - pour se mettre au service de qui que ce soit, il ne veut obéir à personne et vous avez plus de chances de vous prendre un coup de sabot que de le faire avancer. Pourtant, il peut devenir bête de spectacle, ce qui manifeste de sa part plus une volonté de se faire voir et d'épater les autres qu'une quelconque docilité. Grand reproducteur, il n'accepte dans son enclos que son ânesse et ses petits et refuse la présence de tout individu étranger. Ne le confondez surtout pas avec le mulet, animal hybride issu du croisement d'un âne et d'un jument : le sang mêlé lui fait horreur; et en plus, le mulet est stérile, donc ne fait pas de petits, ce qu'il considère comme l'horreur absolue.   

 



Article ajouté le 2008-05-17 , consulté 1 fois

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