Le journal de Renan Apreski


RENAN APRESKI : L’invitée de ce journal, la présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal.
SÉGOLÈNE ROYAL : Bonsoir, monsieur Apreski !
R.A. : Ah non ! Ne commencez pas les familiarités, hein ! N’essayez pas de m’embobiner avec vos manières enjôleuses ! On n’a pas gardé les cochons ensemble !
S.R. : Mais ? Je ne voulais pas…
R.A. : Quoi ? Vous niez déjà ? Mais vous êtes d’une inconstance incroyable ! Un coup, vous affirmez une chose, un coup son contraire ! Vous voulez tenir tête à Nicolas Sarkozy et vous faites volte-face comme ça, pour un oui ou pour un non ?
S.R. : Mais vous ne m’avez même pas laissé finir ma phrase !
R.A. : Ah, ne protestez pas, hein ! Je fais mon travail de journaliste, je cherche à faire dire la vérité aux gens ! Vous n’allez pas m’apprendre mon métier, non ? Apprenez déjà à bien faire le votre !
S.R. : Et bien puisque vous parlez de mon travail, justement je…
R.A. : Et voilà, déjà les « moi-je-moi-je » ! Mais vous ne pensez donc qu’à vous ? Jamais à la France ? Il n’y a donc que votre réussite qui vous importe ? Nous sommes en pleine crise économique mondiale et tout ce qui vous importe, c’est votre carrière ? Non mais vous n’avez pas honte ? !
S.R. : Mais écoutez-moi avant de…
R.A. : Des ordres, à présent ? Vous osez bafouer publiquement la liberté de la presse ? Vous ne m’empêcherez pas d’exercer mon métier et de dire la vérité aux français, dussé-je grossir les rangs des martyrs de la liberté d’expression !
S.R. : Mais vous êtes dingo, ou quoi ?
R.A. : Et des insultes, en plus ? Ah, je vous reconnais bien là, vous et votre populisme new age qui dissimule un authentique mépris d’autrui ! Vous voulez diriger le pays, mais vous êtes incapable d’écouter les problèmes des français, tant vous êtes obnubilée par les problèmes que vous rencontrez au sein de votre propre parti !
S.R. (Essayant de rentrant sa colère) : Bon…Quel est votre problème ?
R.A. : Je n’ai pas de problème ! Vous, par contre…
S.R. : À mon tour de parler ! QUEL EST VOTRE PROBLÈME ?
R.A. (déstabilisé) : Mais…rien du tout… je vais très bien…
S.R. : Si, si ! Je commence à avoir l’habitude de me faire houspiller avant même d’être écoutée, mais vous, c’est à tel point que je vois bien que vous avez un problème ! Alors ?
R.A. : Ben... Vous venez de le dire… La consigne, à la rédaction, c’est de dire du mal de vous quoi qu’il arrive… Le patron m’a dit « il ne faut surtout pas que les français sachent qu’elle n’est pas plus conne que Sarkozy ! » Alors je respecte les consignes pour éviter d’être viré… Vous comprenez, avec la crise, les temps sont durs pour les jeunes, comme moi…
S.R. : Hum… Bon, on continue l’interview quand même ?
R.A. : Non, madame Royal, vous pouvez disposer : ça ne vaut plus le coup que vous restiez. On a déjà dépassé le temps qui nous était imparti et de toute façon, je n’avais rien d’autre à faire que de vous engueuler gratuitement.
S.R. : Bon, ben, je vous laisse, je dois me faire engueuler sur France 2…
R.A. : Vous voulez dire interviewer ?
S.R. : Pour moi, c’est devenu tout comme… (Elle sort)
R.A. : Je me demande si je ne vais pas prendre quelques vacances…


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