L'édito du dimanche : Berlusconi, chef d'Etat bête et méchant
Les récents propos de Berlusconi sur le tremblement de terre dans les Abruzzes ont éveillé en moi un souvenir. Regardez et comparez :
Pourquoi ne pardonnerai-je pas au « Cavaliere » ce que je pardonne au professeur Choron ? Parce qu’il n’y a rien à pardonner à ce dernier, qui, en prononçant ces mots, faisait son travail. Quel était le travail de Choron ? Humoriste dans la branche « ironie grinçante ». En quoi ça consiste ? Entre autres, dire des choses que l’auditeur est prié de prendre au second degré : si l’on prend au premier degré les propos de Choron, le professeur semble n’avoir aucune compassion pour la misère humaine ; mais si on les prend au second degré, on voit qu’il a simplement voulu mettre en lumière, d’une part, le caractère exaspérant de toutes les manifestations de compassion sirupeuse en faveur des mal-logés, et d’autre part, l’absence de cohérence du français moyen qui, chaque été, part en vacances vivre dans des conditions qu’il jugerait inacceptables toute l’année.
En revanche, quel est le travail de Berlusconi ? Chef d’Etat. En quoi ça consiste ? Entre autres, veiller à ce que les citoyens de son pays ne manquent de rien. Dès lors, Berlusconi fait manifestement très mal son travail en affichant, effectivement, un souverain mépris pour les sinistrés des Abruzzes. Est-ce à dire que s’il était humoriste, il ferait bien son travail ? Même pas, car il n’y a pas de second degré dans sa phrase, en tous cas, il n’y a rien qui permette de le faire sentir. Si Berlusconi était humoriste de profession, il ne serait pas sur le créneau de Hara-kiri mais sur celui, au mieux de Patrick Sébastien chantant « casser du noir » déguisé en Le Pen, au pire sur celui de Dieudonné.
Après ces paroles que j'espère pleines de sagesse, voici un grand retour : LE BAR ATTEINT !


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