L'édito du dimanche : Jean-Marie Le Pen, ses dernières paroles

 

Ce dessin n'a strictement rien à voir avec le contenu de l'édito qui suit.

 

 

C’est vrai que Jean-Marie Le Pen n’est pas mort, car il fait chier encore : il a récidivé sa provocation sur les chambres à gaz et le parlement européen songe à modifier les règles de sa présidence pour éviter que le vieux cyclope, en tant que doyen, ne préside sa prochaine session. Toutefois, il est permis d’imaginer ce que seraient les dernières paroles du chef du Front National s’il venait à devoir quitter cette vallée de larmes dans les jours à venir. Voilà ce que cela donnerait probablement ; imaginez le menhir sur son lit de mort avec, à ses côtés, sa fille et ses derniers fidèles :

            « Marine, ma fille, et vous, chers vieux compagnons de lutte, l’heure est venue pour moi de rejoindre le Führer, mais pour vous, la vie continue. Sachez donc que la lutte pour la Cause sacrée de la régénération de la race doit se poursuivre, et ce, d’autant plus que le contexte nous est favorable. Je sais bien qu’à priori, on ne le croirait pas : nous manquons cruellement de finances, et Sarkozy nous a volé une bonne partie de nos électeurs. Mais n’oubliez pas, pour commencer, que si ce sale hongrois a pu le faire, c’est en reprenant nos idées sur la délinquance et l’immigration ; c’est là le signe évident que le terreau français reste favorable à la propagation de nos thèses.

            Pour le reste, c’est toujours dans les contextes de crise que nos illustres prédécesseurs ont pu faire la glorieuse carrière que l’on sait. Le Duce a pu conquérir le pouvoir en récupérant les mouvements de protestation et les revendications sociales des italiens, le Führer a remporté les élections en jouant sur la frustration du peuple allemand face à l’inflation et à l’incurie du pouvoir. Toutes les crises, si elles dégénèrent en désordre civil, favorisent la Cause, et c’est justement pour cela que vous pouvez voir l’avenir du Front avec optimisme malgré tout. En effet, regardez le contexte actuel : le mécontentement populaire gronde, prend des proportions de plus en plus grandes, et le pouvoir refuse d’entendre les revendications. Le peuple, constatant que les voies légales de la contestation, qu’il s’agisse des élections ou de la grève, sont inefficaces, choisira irrémédiablement la voie de la violence. Rien qu’à Brest, les étudiants grévistes forcent leurs collègues à les suivre en bloquant leur faculté et agressent physiquement le président de leur Université. La violence plutôt que le dialogue : n’est-ce pas là l’essence même de notre action ?

            Donc, aussi longtemps que le pouvoir restera sourd aux revendications du peuple en pleine période de crise, la violence ira grandissant, fournissant ainsi pour vous un terrain favorable pour récupérer la frustration et propager nos idées. Sans compter qu’il vous sera facile de faire le rapprochement entre le capitalisme international et l’étranger en général, faisant ainsi des immigrés des boucs émissaires parfaits. Ne craignez pas qu’un Obama français vienne apaiser les tensions : il n’y aura pas d’élection nationale avant trois ans, et quand un homme politique prend la défense des droits de l’homme, personne ne l’écoute. Il suffit de voir l’échec de la prestation de Martine Aubry au Zénith pour s’en convaincre. De toute façon, l’Europe n’a jamais suivi la route des Etats-Unis d’Amérique : les régimes fascistes se sont installés comme réponse à la crise au moment où Roosevelt lançait le « New Deal ». Croyez-moi, les français ne seront jamais assez audacieux pour élire un personnage semblable à ce nègre : déjà qu’ils ne sont pas disposés à voter pour une femme ! Bref, je vous le dis, mes chers amis aryens : profitez de la situation, vous avez les moyens pour faire basculer le pays dans le giron de notre Cause sacrée ! Ne laissez pas les rouges occuper tout le terrain ! Partout en Europe, la tentation du protectionnisme s’étale au grand jour ; si vous soufflez sur les braises en reprenant nos thèmes de campagne habituels, l’antiparlementarisme et le rejet de l’immigration, le Front retrouvera ses couleurs d’antan. Maintenant, laissez-moi seul : je vais bientôt partir. Adieu, et n’oubliez jamais ce que je viens de vous dire. »

            Ces dernières paroles du Menhir sont, bien sûr, totalement imaginaires, du moins pour l’instant : reconnaissez que la seule condition pour que ce texte soit véritablement prononcé par le vieux borgne est qu’il soit réellement proche de la mort. Pour le reste… En clair, pour la première fois, je vous recommande objectivement et ouvertement de vous opposer, autant que possible, aux dernières volontés d’un mourant.       

                  BLEQUIN

  



Article ajouté le 2009-03-29 , consulté 9 fois

Commentaires


terrypaname le 01/04/2009 à 23:42:54
J'ai un bouc émissaire (malheureusement) facile à adopter et à attaquer pour les derniers partisans du borgne : les Asiatiques...
Blequin site : blequin.blog4ever.com | le 02/04/2009 à 08:53:23
Pourquoi les asiatiques ? Pourrais-tu préciser ta pensée, Terrypaname ?
terrypaname le 02/04/2009 à 20:50:35
Eh bien, à cause de la Chine, que certains accusent de n'avoir qu'un but, voler les emplois en France... Bien sûr, c'est complètement con comme raisonnement, mais avec le FN on sait jamais... c'est vrai que leurs cibles préférées, ce sont les noirs et les arabes.
Blequin site : blequin.blog4ever.com | le 03/04/2009 à 14:08:10
C'est vrai qu'il n'existe que deux choses infinies : l'Univers et la bêtise humaine, mais pour l'Univers, il n'y a pas de preuves.

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